Marathon de Paris 2011

Arrivé 8h00 ce dimanche matin. Je gare mon scooter comme d’habitude à 100 mètres du rond point de l’étoile.Il y a déjà énormément de monde. L’excitation commence à monter. « Olivier, reste concentré. Pense à ta course ». Je me prépare, attache mon dossard, ma puce. Sers bien mes lacets. J’attache mon scooter; mets la clé dans mon short et c’est parti !!

Je me dirige vers mon sas 3h15′. Je dépasse l’armada de camions de nettoyage qui se place derrière la foule.

l'armada verte

Armada verte

Je descends les champs Élysées; Sas 4h00, 3h45, 3h30. Je rentre dans le Sas 3h15 et son drapeau jaune. Je montre mon dossard à la minette qui se charge du contrôle et je rejoins le groupe des coureurs déjà présents. Je vois à quelques mètres de moi le meneur d’allure et son drapeau jaune. « Toi, je vais te coller aux baskets, mon gars! ». Je vérifie mes gels, j’en avais pris deux : un à prendre au 20 kms et l’autre au 30, je n’en ai plus qu’un seul, ce n’est pas bon signe. Petit mot de l’ambassadeur du Japon, et une minute de silence pour les victimes du tremblement de terre. ça impressionne 40 000 personnes sur les champs sans un bruit. 8h30, petit speech de Delanoé, le maire de Paris. 8h35, départ des fauteuils roulants et des non voyants.

8h45, top départ ! ça y est, c’est parti pour 42 kilomètres. On marche. Il faut compter 3, 4 minutes avant de commencer à courir. Je passe la ligne de départ, enclenche mon chrono. Première chose, les yeux rivés sur le sol jonché de bouteilles, de sacs plastiques, de vieux tees shirts. Ne pas se fouler les chevilles ! Je ne vois rien du premier kilomètre. La musique est à fond, c’est impressionnant, j’ai la patate.

les champs

Je relève la tête, ou est mon meneur d’allure ? C’est bon je le vois. La Concorde, je trouve le rythme rapide quand même, ça m’inquiète. Normalement, je pars devant. Aujourd’hui, je suis et ça va? Rivoli, ça commence à chauffer. Je commence à boire une gorgée tous les 500 mètres environ. Je trouve l’allure de course. Il y a beaucoup de monde mais je ne suis pas gêné. Je reste sur la droite car mon photographe m’attend sur ce coté. Je suis au soleil. Jusqu’à Vincennes, je suis bien. C’est sympa de courir avec un meneur d’allure. Un groupe se forme, ça discute. On apprend que le meneur d’allure « Jean-Pierre » a une pulsation au repos de 45. Ah oui, quand même ! Les ravitaillements ( 2 sucres et une bouteille d’eau) sont bien pris et s’enchainent. De temps en temps, Jean-Pierre crie un : « On est pas fatigué !! » repris par « le groupe des 3.15″ puis un : « Le public, il est fatigué !! ». Il est sympa Jean-Pierre, il met de l’ambiance : « PopopopopopoPooooo, Holéééé !!! ». Pour l’instant, tout va bien, je suis pas fatigué.

Pas Fatigué !! à la bastille

Vincennes, Kilomètre 17, on est bien. 4’27,  4’30 au kilo. On a 30 secondes d’avance, Jean-Pierre est confiant, moi, moins. On profite de la fraîcheur du bois pour se relâcher, bien respirer. Il y a un comique dans le groupe « Christophe », il a l’air à l’aise. Il est heureux, il arrête pas de blaguer. Je lui dit : « Tu me sors une bonne blague au 42 Kms, Ok ? ». On sort du bois et on retrouve la foule des spectateurs. « Le public, il est fatigué !!! ». On se marre.

Kilomètre 21,5 : Semi-marathon, la foule nous applaudit, c’est impressionnant. On se croirait à un col du tour de France, le Tourmalet ou l’Aubisque peut-être. Jean-Pierre a un sifflet avec lequel il harangue la foule. Et cela marche, le public applaudit à notre passage. On retrouve la Bastille et se retrouve sur les quais. Le groupe des 3.15 est toujours compact, ça suit bien. Je continue à boire régulièrement. On passe sous le tunnel du Louvres, la chaleur est étouffante 2 kms, les pas des coureurs raisonnent. On sort du tunnel et on retrouve la foule et le soleil. Les petites remontées de tunnel me cassent les pattes, je dois forcer pour suivre Jean-Pierre. Trocadéro, je ralentis au ravitaillement pour bien boire et prendre mes sucres. Je vois mon groupe à 30 mètres devant moi . J’ai perdu trop de temps, il faut que je recolle. J’accélère pour reprendre Jean-Pierre. Je commence à sentir mes jambes, ça m’inquiète, la fin de course va être difficile!

Kms 30, c’est le mur qui arrive ! Petit à petit, le groupe me décroche, c’est imparable. Je n’essaie pas de suivre, je ne dois pas me mettre dans le rouge. C’est encore foutu pour cette fois-ci. Je rage ! Allez, je ne dois pas me décourager, je relance. Je vois au loin Jean-Pierre, Christophe et ce qui reste du groupe. D’autre personnes commencent à lâcher, je ne suis pas le seul.

Km 33,5, grosse bouffée d’adrénaline, je ralentis et je cherche ma petite famille qui doit être au bord de la route. Je vois ma fille avec son panneau « Allez, papa ! ». Je grimace, c’est dur. Je ralentis et leur fait un signe. Je repars. Je dois les revoir un peu plus loin. J’entame la zone difficile 35 / 40 kms, je me sens bien seul. Le groupe des 3.15 doit être maintenant bien loin. Je me fais globalement doubler, quelques personnes marchent, d’autres s’étirent ou vomissent. Je retrouve comme prévu ma famille. Petit coucou à mes enfants, ma femme, ma sœur et mon photographe qui est là aussi. ça me fait du bien. Je regarde mon chrono, 5’30 je suis loin des 4’37 prévu.

allez papa !!

c'est la fin, c'est dur

cest la fin, cest dur !!

faut prendre son tee shirt de finisher

Je finirais à cette allure. Je passe la ligne d’arrivée difficilement, très déçu au bout de 3h25′ de course à 10 minutes de mon objectif. Le marathon c’est difficile, je le savais. On appelle ça une contre performance …

Je prend la file pour les massages. Je discute avec un gars devant moi. Il est content, il a fait 3h18 et est qualifié pour les championnats de France vétéran.

Ya plein de minettes qui massent. Je tombe sur deux mecs, c’est pas ma journée. »Vous n’avez pas mal aux pieds » me demande un des deux. « Non, rien, pas mal! ». Ils sont en première année podologie. Ils cherchent des pieds en sang. Je lui dit : « Moi, je me mets de la  NOK plein les chaussettes et Nickel !. Y en a plein qui arrive après moi, vous aurez de quoi vous faire plaisir ».

Épilogue

Voilà, c’est finit. Déçu sur la ligne d’arrivée mais finalement content quand même avec ma belle médaille et mon  tee shirt de finisher. Je le referais un jour, c’est sûr avec un objectif : 3h15′ et suivre Jean Pierre et son groupe jusqu’à la ligne d’arrivée et ses 42,195 kms !!

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0 Responses to Marathon de Paris 2011

  1. Vincent says:

    Moi j’étais au départ, au bout des Champs Elysées, lorsqu’on entre sur la place de la Concorde. De là, on distingue une masse informe, au fond. On n’entend rien, juste quelques hauts parleurs lointains. On n’entend pas non plus le feu du starter.

    Lorsque la foule arrive, elle occupe toute la largeur de l’avenue, impossible de reconnaitre qui que ce soit, ça va trop vite. Je fonce alors vers le métro pour devancer les autres spectateurs qui auront la même idée que moi, direction Bastille.

    Bastille, pas plus de réussite. J’étais monté sur un feu rouge, mais je n’ai pas eu de photo du coureur. La dernière chance je l’aurai dans le Bois de Boulogne vers le km 36.

    Ah si aussi, j’ai vu l’élite mondiale du Marathon. Au départ, puis sur les quais un peu plus tard, sacré rythme, vitesse, souplesse, aisance, dynamique, impressionnant.

  2. florence says:

    Génial le reportage!
    Mais comment fais-tu pour prendre des notes et courir en même temps????
    Florence

  3. Patrick Gaudin says:

    Ecoute olivier, hors le fait que ton compte rendu est super, juste un petit conseil, moi c’est Martine qui me guide et jamais elle ne me sème. Elle répète toujours les mêmes mots, les mêmes phrases, et elle est toujours là.

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